Tatouage végan | L'éthique dans la peau

Le tatouage permanent est une scarification au sens médical puisqu’il consiste à injecter entre le derme et l’épiderme des encres en vue d’une représentation graphique souvent symbolique. 

Cela laisse à penser que l’acte en lui-même est tout aussi porteur de sens que le dessin. Il touche au corps et donc aux valeurs de la personne concernée.

L’antispécisme est un courant de pensée moral considérant que l'espèce à laquelle appartient un animal n'est pas un critère pertinent pour définir la manière dont on doit le traiter. Mais l’antispécisme reste davantage de l’ordre de la prise de position politique, quand le véganisme, lui, désigne une « consom'action » compassionnelle plus individuelle.

Et donc non ! Définitivement, être végan ne veut pas seulement dire « se nourrir de produits d’origine uniquement végétale » mais bien « ne consommer, au sens large, aucun produit provenant d’espèces animales » !

Le tatouage végan a donc toute sa raison d’être, dans une démarche éthique prédominante.

Mais en quoi consiste-t-il concrètement ?

Un tatouage végan : késako ?

Les personnes véganes, de plus en plus nombreuses, veillent à adopter un comportement en adéquation stricte avec leur conviction profonde : ne pas interférer sur le règne animal. 
Mais agir quand on végan consiste bien souvent à commencer par éplucher nombre de notices, mentions, labels, etc. Des recherches qui confinent à l’enquête « sherlock holmesque » ! 
Se faire faire un tatouage végan n’échappe pas à la règle car beaucoup de produits utilisés dans le domaine du tatouage sont encore d’origine animale. 
Pour vous simplifier la tâche, voici les principaux critères à prendre en compte.

La composition des encres de tatouage 

Certaines encres de tatouage peuvent contenir des ingrédients d’origine animale 

  • le Noir animal : ce charbon très majoritairement utilisé peut être fait à partir d’os d’animaux calcinés ;
  • la gomme-laque : cette résine sécrétée par des kerria-lacca, vers asiatiques semblables aux cochenilles donne les couleurs jaune, orangé et rouge ;
  • l’encre de Chine peut contenir de la peau de lapin ;
  • la gélatine et la glycérine animale, peuvent comporter du collagène, protéine extraite de carcasses de porcs ou de poissons.

La durabilité des encres d’origine végétale

Hormis le henné, les encres d’origine végétale ne sont pas plus exposées au vieillissement précoce que les autres. Leur pigmentation reste intense, ne s'estompe pas. Leur densité est constante après la cicatrisation. 

Les allergies aux encres de tatouage

Le 100 % sans-risque en termes d’allergies n’existe pas. Simplement, on constate que la plupart des allergies aux encres de tatouage sont de type « eczéma » et proviennent plutôt des métaux lourds, comme le nickel, qui les composent. 

Toutefois, il est toujours prudent de bien s’informer auprès de son tatoueur, d’effectuer les tests préalables sur sa peau et de vérifier (au besoin en demandant directement au fabricant) les composants de l’encre qui va être employée. 

Les principales marques d’encres de tatouage véganes

  • Eternal Ink
  • Nocturnal Tattoo Ink
  • World Famous Tattoo Ink
  • Fusion Tattoo Ink
  • Intenze Tattoo Ink
  • Kuro Sumi Ink
  • Silverback Ink®
  • Solid Ink
  • Viking Ink

Le matériel du tatoueur et les cosmétiques véganes

La présence de composants cruelty-free est à relever aussi dans le matériel employé comme :
  • le stencil (ou feuille de transfert) qui peut être de lanoline (graisse de mouton) ;
  • les rasoirs ;
  • et la fabrication des aiguilles.
Et particulièrement dans les cosmétiques, principaux adjuvants :
  • les crèmes et savons qui peuvent contenir de la graisse de boeuf ;
  • la vaseline ;
  • les crèmes anesthésiantes et cicatrisantes.

La formation des tatoueurs vegan-friendly

Comme tout artisan, le tatoueur est contraint de s’entraîner afin d’acquérir la maîtrise nécessaire de son geste. Avant de pouvoir pratiquer directement sur des modèles amenant leurs dessins personnels, l’apprenti tatoueur réalise ses premiers exercices sur peaux de cochons. Dans le genre végan … peut mieux faire !

Néanmoins, certaines écoles veillent, désormais, à se fournir en peaux synthétiques. 

Un tatoueur lui-même végan aura, en théorie, pris soin de s’enquérir de la provenance de ses supports d'entraînement.  

Les limites du cruelty-free dans le tatouage

Afin de répondre aux normes d’hygiène et de salubrité en vigueur, définies par le Code de Santé Publique, les antiseptiques sont encore testés sur des animaux. 

La désinfection est donc le seul produit non-vegan qu’il ne pourra pas être reproché à votre tatoueur d’utiliser. 

Et par conséquent, il n’est tout simplement, pas encore possible de revendiquer le 100 % végan dans le tatouage aujourd’hui.

Mais l’obligation de moyens ne prévaut-elle pas sur l’obligation de résultats ? 

Choisir un salon de tatouage végan en France

Communiquer avec l’artisan tatoueur de votre choix vous permettra de vous rendre compte de ses convictions, en toute bienveillance. Néanmoins sachez qu’un salon de tatouage qui se revendique vegan-friendly se doit de réclamer régulièrement des attestations d’origine à ses fournisseurs.

Parmi ceux-ci, pour pourrez accorder votre confiance à :

  • Désolé Papa, à Bordeaux.   

  • Watt Tattoo Family à Paris 

  • DreamAct à Marmande

  • Karbone Studio à Marseille

  • Kingdom Of Madness – à Lingolsheim dans le Bas-Rhin

Le coût d’un tatouage végan

Qui dit recherches approfondies, dit temps important à consacrer. Un tatoueur engagé accorde plusieurs heures par mois à ses investigations. Heures, durant lesquelles, il n’est pas avec ses clients. Un manque à gagner indéniable !

Le coût de ses fournitures, quant à lui, a tendance à se démocratiser mais il n’en reste pas moins que son équipement a fait l’objet d’un surcoût dans ses investissements de départ. Deux choix s’imposent donc au tatoueur végan : baisser sa marge ou augmenter son prix de vente.

Tatouage ou vêtements : les valeurs éthiques avant tout.

Nous assistons au progrès d’un mode de consommation plus engagé. La satisfaction immédiate et irréfléchie d’une envie d’achat laisse de plus en plus place à la qualité de consommation. Peut-être un des rares aspects positifs de la crise Covid ? 

Choisir le tattoo cruelty-free ou s’habiller de façon durable et éco-responsable est avant tout une affirmation de valeurs personnelles qui fait de plus en plus d'adeptes. 

Elle est une manière d’inscrire l’éthique dans des « consom’actions » accessibles à tous et dans l’intérêt de tous. Les achats du quotidien font plus que force ni que rage !

Toute la raison d’être  d’Un Pari Fou !

Amicalement écrit par Elodie Branchy



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